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Soutien aux familles et aux parents en difficultés
L’intervention ambulatoire est une intervention contribuant à soutenir la fonction parentale et à préserver des liens éducatifs, familiaux utiles au développement basal du jeune enfant ou adolescent.
Ce travail en proximité des parents les plus en difficultés a pour finalité de conforter les liens familiaux dans les familles avec enfants en bas âges. Ceci vise à prévenir les exclusions en accompagnant les familles en risque de marginalisation ou qui se heurtent à des difficultés de vie passagères. Après une analyse des comportements familiaux déstructurants et par anticipation de leurs conséquences pour l’enfant (violences, échec scolaire, comportements de retrait, etc....), nous pensons qu’il est souhaitable de préserver son équilibre et son épanouissement.
Ce travail permet d’aider les familles à être conscientes des responsabilités à assumer vis-à-vis de leurs enfants et de voir si celles-ci - quand elles sont démunies - repèrent mieux les "personnes-ressources" qui pourraient les accompagner dans le sens d’une autonomie de vie familiale.
C’est aussi favoriser la transmission de savoir entre générations, car bien souvent les constats des groupes de réflexion organisés par la ville de Beauvais et dans le cadre des études de plusieurs départements (Val d’Oise, de la Seine-Saint-Denis, de l’Oise) présentaient un déficit en ce domaine.
Historique :
Cette création de "consultation ambulatoire spécialisée" repose sur des éléments de diagnostic élaborés auprès de collectivités locales et de leurs partenaires.
Action préconisée dans des études réalisées pour les départements du Val d’Oise, de la Seine-Saint-Denis, de l’Oise en 1997 et 1999 par Jean-Pierre VOUCHE, actuel directeur clinique de la LFSM.
Par exemple en 1998 à Beauvais (Oise), des groupes de réflexion de quartiers composés d’acteurs sociaux et d’habitants développèrent ces constats :
Les parents en difficulté devant des conduites agressives, violentes, inciviles de leurs enfants ont du mal à entrer en contact avec les services institutionnels.
Les services institutionnels déplorent l’absence des familles les plus en difficulté dans leur service.
Les enseignants et responsables d’établissements scolaires ont des indicateurs de dysfonctionnement, de dérive éducative, de souffrance des membres des familles.
Les parents délèguent leurs responsabilités, d’autant moins assumées que leur structure sociale est fragilisée, aux enseignants et aux professionnels chargés de la régulation sociale.
Leurs préconisations :
Création de rencontres non institutionnalisées en proximité pour des familles monoparentales avec l’appui d’un clinicien.
Mise en place d’appuis personnalisés, pour responsabiliser les parents, en les rétablissant dans la plénitude de leur rôle.
La constitution d’un pôle d’aide aux familles sous forme ambulatoire, afin de développer une action pour les familles les plus en difficulté, sous forme d’appui personnalisé à domicile, par une approche clinique et par une structuration des réponses familiales aux violences de leurs enfants.
Ce pôle d’accompagnement prendrait la forme d’entretiens familiaux, dans des lieux les plus adéquats, là où les intéressés offriraient le moins de résistance, lieux privés ou lieu de proximité.
Les demandes de rencontre se feraient par divers canaux, par les familles elles-mêmes auprès du clinicien (affiches dans tous les lieux publics avec son téléphone, précisant la gratuité de son intervention), des A.L.M.S, des maisons d’accueil et d’orientation citoyennes, d’associations de quartier ou de médiation, des établissements scolaires, qui relayeraient la demande auprès de l’intervenant spécialisé pour ces approches sensibles.
Le clinicien prendrait contact de façon discrète et respectueuse des dignités des membres de ces familles.
C’est un travail d’écoute, un savoir-faire et un savoir dire qui demande du temps et une poursuite du processus, afin de créer confiance et d’amener un des relations d’ouverture des familles les plus repliées sur elles-mêmes.
En décembre 1998 la Ville de Beauvais et la préfecture de l’Oise créent cette consultation innovante (probablement, la seule au niveau national d’après nos informations). La gratuité des consultations est proposée aux familles demandeuses. Elle rentre dans le cadre du C.C.P.D et Contrat Local Sécurité Prévention.
La C.A.F reconnaîtra en 1999 cette action comme allant dans le sens de leur politique de soutien à la fonction parentale. Un comité de pilotage composé de tous les acteurs locaux, chargé de mission C.L.S, direction des Affaires interministérielles Préfecture de l’Oise, inspecteurs A.S.E, Conseil Général, inspecteur principal D.D.A.S.S, directeur du C.C.A.S, adjointe de la C.A.F, Inspection Académique, Commissaire de Police, directeurs de Foyers, procureur adjoint au T.G.I, etc. suit l’action, et la reconduira en 1999, 2000, 2001.
Bilan de l’action au 31.12.1999 : A un an de fonctionnement,
· 627 consultations pour 113 familles.
· 799 personnes dont 599 adultes et 200 enfants ont bénéficié de cette consultation sur
appel direct des intéressés la plupart du temps.
· 78% des rencontres se sont réalisées à domicile, 22% dans des lieux de proximité
foyers, C.M.S, écoles, lycées, P.L.I.E, classe-relais, centre de formation, mairie.
· Une moyenne de 5,5 entretiens par famille avant une orientation sur l’institution
adéquate, sinon prise en charge de la famille sur une période plus longue afin de
consolider les acquis jusqu’à 30 rencontres.
· Travail de partenariat et de réseau avec 309 personnes, 179 visites ou contacts pour
des concertations inter institutionnelles avec les acteurs locaux pluriprofessionnels.
· La demande des familles et des professionnels touche le renforcement du rôle et des responsabilités éducatives des parents, par notre action d’écoute, d’appui et d’accompagnement de la parentalité en proximité nous sommes arrivés à remettre en relation avec des institutions près de 60% des familles. Les autres familles en détresse exigeant une prise en charge répétée et sur du long cours ont été suivies régulièrement évitant ainsi leur marginalisation ou leur éclatement. Ce travail de responsabilisation pouvant être long au regard des histoires de vie de certains parents.
Bilan de l’action au 31.12.2000 :
· 120 familles en difficulté ont fait appel au dispositif original, sur simple appel téléphonique. Nombre constant d’une année sur l’autre.
· 50% des situations après notre évaluation sont orientées vers les structures classiques avec le consentement éclairé du sujet (parent ou enfant).
· 33% de situations plus difficiles ont nécessité la poursuite d’une démarche répétée vers les familles, avec une difficulté du relais. La solution développée a été à un moment donné, la co-intervention avec les services sociaux avec une approche à la fois psychologique, éducative et sociale.
· 17% où nous avons réalisé une action ponctuelle permettant rapidement de resituer chaque protagoniste en position de responsable à même de faire les démarches par lui-même
Après deux années de fonctionnement ce travail de proximité a confirmé les besoins de réassurance, de dédramatisation, de responsabilisation du ou des parents en proposant des perspectives de solutions progrédientes. Et notre action a aussi permis de retisser des liens avec des institutions de terrain, notre travail favorisant la démarche d’un premier contact avec celles-ci.
L’expérience a montré que la proposition d’échange par téléphone (parfois d’abord anonyme) puis l’offre d’aller vers les familles permettait un mode plus souple d’abord de familles en difficulté, qui n’ont pas toujours la maturité psychique pour affirmer une démarche structurée vers un milieu professionnel social ou soignant, repéré mais un peu craint, du fait d’une certaine ambivalence.
Les situations rencontrées :
mères isolées se trouvant en situation délicate du point de vue psycho-social, dépassées dans leur rôle éducatif
vulnérabilité de certains parents
désarroi devant des difficultés que présentaient leurs enfants au niveau de l’intégration scolaire
abandon de l’autorité paternelle
divorce passionnel mettant en danger le bon développement de l’enfant
violences familiales
incestes dévoilés avec signalement de notre part aux autorités judiciaires et administratives
maltraitance sur un ou plusieurs enfants, appels directes des enfants, demandes des parents dépassés par leur charge familiale.
Incompréhension de l’agressivité que déploient parfois leurs enfants
Violences d’adolescents sur la mère et en milieu scolaire (milieux immigrés)
Troubles de la personnalité des parents ayant un passé de séjour en milieu psychiatrique
Problèmes de couple
Tentatives de suicide d’un des parents
Action de maintien en milieu scolaire
Difficultés d’intégration dans le milieu familial
Troubles relationnels parents -enfants
L’origine des appels :
demandes directes suite à affichage public sur la ville, grande majorité, 80%
demandes écoles publiques
demandes des commissariats et antennes de quartiers
demandes de foyer de femmes battues
demandes d’avocats et de juges.
Jean-Pierre VOUCHE (psychologue clinicien, psychothérapeute familial) à l’initiative de cette création innovante s’associera fin 1999 avec l’A.F.T.V.S Association Française de Thérapie du Traumatisme des Violences Sexuelles et Familiales et de Prévention - président-docteur Roland Coutanceau
NOS DELEGATIONS.
En effet l’essor de ce type de consultation va demander un renforcement pour passer à cinq intervenants à temps partiel itinérants sur la ville et les agglomérations limitrophes en demande de ce type de structure de proximité. A ce jour l’action est conduite - sous la direction du docteur Roland Coutanceau - par Jean-Pierre VOUCHE responsable du projet et directeur clinique de la LFSM et l’action est gérée par la LFSM.
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